Chers collègues, Mesdames et Messieurs les Conseillers communautaires,

Le 16 mai dernier, la Commune d’Aulnay-sur-Mauldre a obtenu un accord de principe pour que le futur PLUI autorise la construction de commerces de proximité dans l’agglomération, sur une parcelle communale située le long de la route départementale 191 (nos interlocuteurs ont accepté de transcrire sur le plan la zone à aménager). La joie fut de courte durée.  Monsieur le Président de la Communauté Urbaine nous annonce sa décision contraire visant à classer l’ensemble de ce terrain en zone naturelle et d’empêcher ainsi unilatéralement la réalisation en agglomération de ces commerces de proximité. De quoi s’agit-il en fait ? d’une boulangerie et d’une halle semi ouverte permettant aux agriculteurs, aux artisans, aux producteurs locaux d’écouler leur production et de renforcer ainsi les circuits courts, dans une Commune de 1200 habitants dépourvue de commerce… Pour en juger, nous vous adressons en pièces jointes un ensemble de documents d’information sur la nature et les enjeux sociaux, économiques et environnementaux de ce projet.

Nous sommes actuellement soumis au RNU et il ne nous a pas été permis de poursuivre l’élaboration du PLU communal qui se serait ensuite intégré au PLUI, comme ce sera le cas pour la plupart des communes membres de la Communauté Urbaine. Malgré nos demandes répétées, il n’y a eu jusqu’au 16 mai dernier aucune concertation. GPS&O a décidé d’instruire seul le dossier et de nous imposer ses vues. Voici donc l’avenir qui nous attend dans le « machin » qui nous sert de cadre !

Nous avons cru un moment, avec beaucoup de naïveté, que nous avions enfin été entendus mais ce n’était qu’un leurre et nous sommes stupéfaits par le mépris de cette instance supra communale. Une nouvelle fois le bloc communal est ignoré.

La justification avancée est fallacieuse. Un commerce de proximité situé dans une agglomération le long d’une route départementale n’est pas un commerce de flux. Dans d’autres Communes de la CU, des commerces ont été créés sur des routes départementales, en agglomération, et cela n’a posé aucun problème…

En réalité, outre le fait que certains pourraient s’opposer aux méfaits supposés mais irréels de la concurrence, les petites Communes rurales servent de réserves foncières permettant aux grands penseurs de la CU de compenser l’espace consommé en vallée de Seine, par les grands aménageurs, autour des pôles urbains, au nom de l’emploi. Les petites Communes perdent de ce fait du droit à bâtir au profit des « grands projets ».

Il semble que pour certains cette politique soit la seule capable de susciter de la croissance et de la compétitivité. Pourquoi pas ! Nous sommes prêts à leur apporter du crédit sur cette question même si cette politique menée depuis trente ans ne semble pas avoir porté ses fruits. Ne nous a-t-on pas dit que le taux d’activité n’avait cessé de baisser depuis trente ans ?

Les Communes, quelles qu’elles soient, doivent malgré tout conserver leurs droits, avoir voix au chapitre dans tous les domaines et pouvoir apporter leur pierre à l’édifice. Le changement de paradigme n’implique-t-il pas la libération des énergies, la capacité donnée à l’initiative locale et aux alternatives. Les Communes en général (urbaines ou rurales) sont des acteurs essentiels du développement économique et social. Elles créent le lien, offrent des services de proximité essentiels, facteurs d’intégration et contribuent à la création d’emploi. Elles sont le socle de granite sur lequel repose notre République.  Il ne faut pas l’oublier ! Elles doivent par conséquent être respectées.

Dans ce contexte, les Communes rurales n’ont pas vocation à être « muséifiées », figées dans le temps et dans l’espace. La centralisation excessive, la mise sous tutelle est insupportable.

Nous avons voulu nouer un dialogue sincère avec les dirigeants de la CU et du Département. Le Département nous aide certes dans la réalisation d’un Centre de loisirs et nous les en remercions. Mais sur les autres sujets, nos efforts ont été vains.

Prenons, par exemple, le cas du Cabinet médical que nous souhaitons créer. Malgré le coût modéré de cette opération (environ 25 000  €) porté exclusivement par la Commune (la Commune dispose déjà de locaux), le Département nous a fait gentiment comprendre que cette initiative n’était pas la bienvenue.

Pour ce qui est du projet de commerces, la CU et le Département jouent la même partition.
Même le simple aménagement de deux abribus sur la route départementale 191, pour assurer la sécurité et le confort des usagers semble être une affaire délicate, voire insurmontable.

Que faut-il faire pour « être bien vu » et obtenir satisfaction ? Être bien sage ? dans les petits papiers ? encarté ?

Qui tirent les ficelles ?

Qu’en est-il du bien commun dans cette affaire ? de l’intérêt général ? des bonnes paroles prononcées en début de mandat sur la liberté des communes et l’écoute bienveillante?

Qu’en est-il du principe de libre administration ?

Le beau discours sur la ruralité et la considération de façade à l’égard des Maires ruraux ne sont pas une réalité.

Les Maires ruraux ont pourtant d’autres ambitions que de picorer les quelques miettes généreusement distribuées, censées les rassasier et les assagir.

Je regrette que les décisions prises « en haut lieu » sans considération entravent trop souvent les initiatives locales.

Nous attendons bien plus que de belles paroles et des subventions : nous attendons du respect pour tous ceux qui vivent dans nos Communes rurales. Nos administrés ne sont pas des citoyens de seconde zone.

Pour toutes ces raisons, je m’oppose aux dispositions du PLUI relatives à notre Commune et je demande aux Conseillers communautaires d’intervenir en faveur de notre Commune pour que notre voix puisse être enfin entendue.

En vous remerciant pour l’attention apportée à cette longue lettre ouverte,

Je me tiens à votre entière disposition pour toute information complémentaire et vous prie d’agréer, chers collègues, Mesdames et Messieurs les conseillers communautaires, l’expression de mes sentiments distingués.

Jean-Christophe CHARBIT
Maire d’Aulnay-sur-Mauldre                                                                                                                                                 07 83 72 94 78

Chers collègues, Mesdames et Messieurs les Conseillers communautaires,

Comme l’indique la carte ci-dessous, la parcelle située dans l’agglomération (ellipse rouge sur la carte) sur laquelle la commune d’Aulnay-sur-Mauldre envisage la réalisation de commerces de proximité (Boulangerie, halle semi ouverte) ne se trouve ni dans une Zone Naturelle d’IntérêtÉcologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type I (secteurs de grand intérêt biologique ou écologique), ni dans une ZNIEFF de type II (grands ensembles naturels riches et peu modifiés, offrant des potentialités biologiques importantes, en vert sur la carte). Ces informations proviennent du site du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie.

Notre projet s’inscrit pleinement dans les objectifs durables définis par l’Etat, la région et le PADD intercommunal en termes de développement et de préservation de l’espace naturel et agricole. Notre municipalité souhaite participer à un développement harmonieux et respectueux des paysages de notre bassin de vie. Nous ne voulons pas détruire les espaces naturels, contrairement à ce que semblent affirmer les détenteurs sans partage du pouvoir. 

Nous déplorons le double langage d’un pouvoir qui affirme être à l’écoute et laisser aux Maires et aux élus communaux la libre administration de leur territoire. Malheureusement, la réalité est tout autre…

Je vous remercie pour l’attention apportée à notre situation.

Bonne fin de soirée à tous.

 

Cordialement,

 

Jean-Christophe CHARBIT

Maire d’Aulnay-sur-Mauldre

07 83 72 94 78

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